lundi 15 août 2011

Bouche de montagne

Me voilà dans la reine du Tohoku, Sendai. Un camionneur, qui en ce jour de vacances conduisait sa voiture, m'y a déposé vers dix-huit heures. Je l'ai complimenté sur sa conduite adroite en lui disant qu'il était le prochain Kobayashi, ce qui l'a fait bien rire.

Le pouce s'est globalement bien passé, et s'est révélé intriguant de par les âmes rencontrées, à commencer par la première, une dame d'un certain âge. Elle a mal compris la signification de ma pancarte, indiquant je peux parler japonais, ou plutôt elle l'a interprétée au pied de la lettre. Croyant à tort que tout ce que je voulais faire c'était de discuter dans sa langue, elle m'avait semblé bien confuse lorsque j'ai tenté de lui expliquer où je voulais aller, après cinq minutes de conversation polie.

Lorsque finalement elle a compris là raison pour laquelle je restais planté à un coin de rue par cette journée torride, elle s'est excusée de ne pas se diriger vers ma destination, puis a décidé de me donner un billet de mille yen, prétextant qu'elle sentait que c'était la bonne chose à faire. J'ai protesté un peu, pour ensuite accepter avec reconnaissance. C'est la troisième fois à vie qu'une personne rencontrée sur le pouce m'offre de l'argent. Ai-je l'air si paumé?

Après une heure et quart d'attente, un homme, accompagné de son jeune fils amateur du manga Dragonball, s'est immobilisé. Il m'a dit qu'il allait à vingt minutes au nord de Sendai, du moins c'est ce que j'ai cru comprendre. En fait, je l'ai compris vingt minutes plus tard, il n'allait qu'à vingt minutes au nord. Qu'importe : il m'a sort de la ville et m'a rapproché de ma destination, les deux objectifs fondamentaux du pouceux.


Au nouveau point de pouce, en région quasi-rurale, il faisait chaud. Je tentais tant bien que mal de me protéger à l'ombre d'un poteau. Un type chevauchant une moto chargée de bagages est venu à ma rencontre. Un dénommé Yosuke, en périple solitaire, d'Hokkaido à Okinawa. Quelques photos ensemble, puis nous nous sommes souhaité bonne continuation. Pour ceux qui ont envie de dépoussiérer leur japonais, vous pouvez suivre son blogue ici.

La pancarte qu'il tient illustre son parcours.
Je suis resté à cet endroit sur la route nationale 4 jusqu'à l'arrivée du camionneur, décrit en début d'entrée, dénommé Yamaguchi (山口), littéralement bouche de montagne. En réalité, il m'avait aperçu, avait rebroussé chemin à mon insu, était allé au dépanneur, avant de passer me cueillir. Il me semblait aussi que sa camisole rayée noire et rouge me disait quelque chose. Il m'a offert un petit jus de fruits en boîte, bien froid car fraîchement acheté du dèp, en plus de me déposer droit devant la gare centrale de Sendai, même si cela constituait un détour pour lui.

Ai-je besoin de le dire? Les Japonais sont d'une gentillesse inégalable. Two thumbs up, parole de pouceux!

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